De la salle de classe à la profession | William Kourlas
William Kourlas :
Lorsque William Kourlas a obtenu son diplôme universitaire, ce n’est pas que son point d’arrivée qui le distinguait des autres étudiants et étudiantes, mais aussi son parcours. Au cours de cinq stages coopératifs, tous effectués chez le même employeur, il est passé du statut d’étudiant prudent, naviguant dans son premier environnement professionnel, à celui de collaborateur à plein temps de confiance travaillant sur des systèmes distribués complexes.
Ce parcours a été rendu possible grâce à l’apprentissage intégré au travail. Le programme d’apprentissage intégré au travail (AIT) numérique du CTIC offre des subventions salariales aux employeurs des secteurs indispensables du Canada, en aidant les étudiants et étudiantes de niveau postsecondaire à acquérir une expérience professionnelle rémunérée significative grâce à des possibilités telles que les stages coopératifs pendant qu’ils effectuent leurs études. Pour William, le programme a offert plus qu’une expérience professionnelle : il lui a fourni une continuité, un mentorat et la confiance nécessaire pour évoluer à un rythme professionnel.
Construire une base, étape par étape
William a commencé le programme coopératif tout en obtenant un double diplôme exigeant : un diplôme en informatique à l’Université de Waterloo et un diplôme en commerce à l’Université Wilfrid Laurier. Ses trois premiers stages chez Solace (en anglais seulement) (un fournisseur de transmission de données en continu situé à Ottawa) ont coïncidé avec l’apogée de la pandémie de COVID-19, et ses premières expériences en stage coopératif ont donc eu lieu à distance. Bien que le travail soit réel, l’environnement n’était pas familier et la courbe d’apprentissage était abrupte.
Ces premiers stages étaient principalement axés sur l’assurance qualité : tester des logiciels, exécuter des scripts et identifier les bogues. Ce travail a jeté des bases importantes. « La productivité a été la plus grande leçon que j’ai apprise au début », explique William. « Comprendre les systèmes, apprendre la syntaxe et comprendre comment de vraies équipes travaillent ensemble. »
Au fur et à mesure de l’avancement de ses stages coopératifs, la complexité de ses responsabilités s’est accrue. Il a évolué vers des fonctions de développement, travaillant avec plusieurs équipes et langages de programmation, et contribuant directement à des fonctionnalités au sein de grandes bases de code réelles. Cette exposition a porté ses fruits à l’école. Des formations telles que celles sur les systèmes d’exploitation, réputées pour leur ampleur et leur complexité, sont devenues plus faciles à gérer grâce à son aisance à naviguer dans des codes peu familiers.
« L’université apporte une certaine structure, mais le travail en entreprise n’est pas pareil », explique William. « On construit quelque chose de réel, souvent sans spécifications parfaitement définies. On apprend comment trouver une solution. »
Confiance et fiabilité dans les résultats
Le changement le plus important survenu au cours des cinq stages coopératifs de William a été d’ordre personnel, et non technique. La confiance en soi, dit-il, a été le plus grand changement. « Au début, l’ampleur du développement de logiciels professionnels m’a semblé démesurée. » Au fil du temps, cependant, la répétition, le mentorat et l’accroissement des responsabilités ont permis de remplacer l’incertitude par l’assurance. « Chaque fois que je revenais chez Solace, les attentes étaient plus importantes, mais la confiance aussi. »
Lors des quatrième et cinquième stages coopératifs, William n’effectuait plus de rotation pour les tâches de base. Il contribuait à des fonctionnalités, résolvait des bogues complexes et a fini par rejoindre une équipe axée sur les systèmes distribués, un domaine où les défis se multiplient rapidement en raison de la fiabilité du réseau, de la cohérence de l’état et de l’échelle.
« C’est ce travail qui m’a donné le plus de confiance en moi », dit-il. « C’est compliqué et il faut du temps pour apprendre, mais on finit par prendre de la vitesse. On n’est plus traité comme un étudiant, on nous fait confiance pour apporter des résultats. »
Une progression réaliste et soutenue
Lorsqu’il a reçu l’offre d’emploi à temps plein de Solace, « je me suis senti valorisé », dit William, ajoutant que sur un marché du travail compétitif où les développeurs débutants ont souvent du mal à se démarquer, ses cinq stages coopératifs lui ont permis de ne pas partir de zéro. Il comprenait déjà le produit, la culture et les attentes, et surtout, son employeur savait ce qu’il pouvait faire.
Avec le recul, William considère les stages coopératifs non pas comme une opportunité unique, mais comme une progression qui lui a permis d’évoluer à un rythme réaliste, avec le soutien d’une structure et d’un mentorat. Le conseil qu’il donne aux étudiants et étudiantes qui envisagent des possibilités d’apprentissage intégré au travail est simple : « Il faut persévérer. On n’a pas besoin de tout maitriser tout de suite. Ce qui compte, c’est d’être là, d’apprendre et de prendre chaque étape au sérieux. »
À propos du programme d’AIT numérique du CTIC
Le programme d’apprentissage intégré au travail (AIT) numérique du CTIC offre aux employeurs canadiens admissibles des subventions allant jusqu’à 50 % du salaire d’un étudiant ou d’une étudiante. Le programme a lieu sur trois trimestres par an : Hiver, Printemps/été et Hiver. Depuis 2017, il a permis d’organiser plus de 23 000 stages d’étudiants et étudiantes auprès de plus de 4 000 employeurs à travers le Canada. Par ailleurs, plus de 65 % des étudiantes et étudiants placés s’identifient comme appartenant à des groupes sous-représentés.
Le programme d’apprentissage intégré au travail (AIT) numérique du CTIC est financé par le Programme de stages pratiques pour étudiants (PSPE) du gouvernement du Canada.